Sonetos, William Shakespeare. Traduction en espagnol de Pedro Pérez Prieto (Nivola, Espagne, 2008)
Il existe de nombreuses traductions en castillan des Sonnets de William Shakespeare. Après avoir lu les versions que je trouvais les plus intéressantes, il me sembla que je pouvais contribuer à rendre ces sonnets plus proches des lecteurs de castillan.
Ma traduction répond à une approche claire et simple mais exigeante.
La poésie est pour moi le résultat de l’expression d’un état d’âme en langage poétique. L’état d’âme, les sentiments (contenu) son exprimés au moyen de mots (forme). Mais forme et contenu sont inséparables. L’inspiration, les Muses, Dieu (dans ce cas William Shakespeare) nous livrent librement ces sentiments ; mais seul le poète peut les exprimer en mots, car la poésie est l’effet des mots.
Le poète, lorsqu’il écrit de la poésie, doit choisir parmi de nombreuses possibilités qui lui sont données ; le traducteur ne peut faire de même, son choix est beaucoup plus restreint mais pas nécessairement moins riche ni moins poétique.
La traduction doit être équivalente et acceptable dans la langue d’arrivée, aussi bien du point de vue du contenu que de la forme : un état d’âme exprimé en langage poétique avec des caractéristiques stylistiques équivalentes. Forme et contenu sont inséparables ; c’est pourquoi, la perception du poème de la part du traducteur doit être adéquate. Il faut prêter une attention spéciale au jeu verbal, à l’ambigüité et au double sens.
Étant donné que je considère que les caractéristiques stylistiques doivent être équivalentes, j’ai gardé la structure du sonnet original avec ses trois quartets et la paire finale, ainsi que le schéma de la rime: ABAB CDCD EFEF GG.
Bien que le pentamètre ïambique soit composé de cinq ïambes, nombreux sont les poètes, Shakespeare lui-même, qui ont introduit des variations. Et, suivant les normes qui, d’après les lingüistes Morris Halle et Samuel Jay Keyser (English Stress: Its Forms, Its Growth, and Its Role in Verse, Harper and Row, 1971), s’utilisent pour déterminer les variations admissibles dans le pentamètre ïambique, son équivalent en castillan est, sans doute, l’hendécasyllabe. C’est pour cela que j’ai utilisé le vers hendécasyllabique avec l’accent mis sur la sixième syllabe dans la plupart des sonnets.
Pedro Pérez Prieto
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